04-05-2015

Capitalisme d’Etat

SNCF Logistics et Transdev, ces deux cas d’écoles permettent de s’interroger sur les justifications et les limites de la présence de l’Etat dans l’économie de marché Presque simultanément, deux entreprises du monde public, SNCF Logistics et Transdev, nous dévoilent leurs chiffres d’affaires et leurs performances : 8,8 milliards d’euros d’un côté, 6,6 de l’autre, soit au total 15,5 milliards d’euros d’activités en France et à l’étranger, y compris dans des territoires très lointains. On ne s’attardera pas ici sur les mérites ou les lacunes des dirigeants ni sur la qualité ou les insuffisances des chiffres présentés mais plus sur l’incongruité que représente la présence aussi massive du capitalisme d’Etat dans l’économie de marché, et en particulier dans le domaine des transports qui n’a à l’évidence rien de stratégique pour le pays. Regardons d’abord séparément ces deux cas exemplaires. En ce qui concerne ce qui se dénomme aujourd’hui SNCF Logistics, l’analyse est un peu compliquée car les chiffres officiels sont lacunaires et ne résultent que de définitions internes destinées à faire une présentation flatteuse. La vérité, pour autant qu’on puisse la cerner de l’extérieur, est que le ferroviaire ne représente qu’une part très minoritaire, voire marginale du chiffre d’affaires, sans doute de l’ordre de 10 %. Même une société comme STVA, dont le « core business » était le transport de voitures neuves par le rail, s’est tournée pour l’essentiel vers le marché des véhicules d’occasion acheminés par route. On est bien loin des promesses triomphantes des uns et des autres lors de la nationalisation de Geodis, voilà presque 10 ans. Tant le Ministre que le Président de la SNCF affirmaient que cet investissement était destiné à doper le multimodal et à développer des synergies commerciales et techniques entre le rail et la route. Le résultat est tout à l’inverse : le trafic ferroviaire de fret a été divisé par deux , et nous n’avons pas connaissance sur le marché qu’un quelconque client d’importance se soit laissé séduire par la réunion au sein d’une même entité d’un offre « wagon » er d’une offre routière .Même Novatrans , qui était le symbole de l’ambition multimodale, a vu la SNCF se retirer piteusement de son capital alors que si Geodis servait à quelque chose dans la politique des transports , elle aurait dû fertiliser Novatrans. Bref, on est là dans la supercherie, que le choix du nom « SNCF logistics » accentue encore : tout est fait pour laisser croire que le chemin de fer se déploie dans le monde entier, ce qui est vrai du point de vue capitaliste mais à l’inverse de la vérité sur le plan opérationnel. En l’occurrence , la SNCF se comporte comme une espèce de fonds d’investissement public et non comme un industriel car sa branche dite « logistics » est plus un transitaire scandinave et asiatique qu’un opérateur ferroviaire national .En résumé, cet ensemble est une simple accumulation de chiffres d’affaires , ce qui ne peut pas tenir lieu de stratégie de groupe et encore moins de politique multimodale. La question n’est pas de savoir si ces investissements sont rentables ou pas mais s’ils apportent quelque chose au métier qui justifie l’existence de l’établissement public et les aides qu’il reçoit. “Tant le Ministre que le Président de la SNCF affirmaient que cet investissement était destiné à doper le multimodal et à développer des synergies commerciales et techniques entre le rail et la route. Le résultat est tout à l’inverse ” eh bien, la seule réponse qu’on peut donner est que cette prolifération de la SNCF hors de sa raison d’être résulte non seulement de l’ambition de ses dirigeants mais aussi et peut-être surtout de la volonté d’occuper les plates-bandes voisines pour éviter que des concurrents viennent un jour troubler la quiétude du monopole national. Comme on le voit sur le transport de voyageurs où la SNCF s’empresse de créer une filiale routière dès que l’Etat envisage d’autoriser la création de lignes d’autocars à longue distance. Ce qui nous fournit une transition pour parler du deuxième cas : Transdev. Voilà une dépendance de la Caisse des Dépôts, organisme d’Etat s’il en est, créée il y a près de 30 ans pour faire du transport de voyageurs par route, activité traditionnellement dévolue au secteur privé .La seule justification qui en était donnée à l’origine était que ce métier concernait les collectivités locales, champ historique de l’intervention financière de la Caisse. Comme si les banquiers devaient devenir les fournisseurs de leurs clients ! Et aujourd’hui cet ensemble réalise 60 % de son activité hors de France, jusqu’à l’Australie et la Nouvelle Zélande ! Mais que fait l’Etat Français dans cette galère, même indirectement ? Qui peut justifier que le grand argentier public soit patron de chauffeurs d’autocars et qu’il exploite des lignes de tramway aux antipodes. Certes, la fierté nationale y trouve son compte, mais est-ce bien raisonnable ? Comme on le voit sur ces deux exemples, le capitalisme public est encore bien vivace et se nourrit de lui-même sous l’impulsion expansionniste de ses dirigeants. Le problème soulevé est d’abord politique et doctrinal : quelles doivent être les limites, et comment les définir, de la holding publique baptisée « agence des participations de l’Etat ? Il est ensuite organisationnel : comment l’Etat peut-il contenir l’expansionnisme forcené de ses barons, sachant que les contrôleurs n’aspirent qu’à une chose, prendre un jour la place des contrôlés ? Il est enfin financier : comment insuffler dans ce monde public les mêmes forces de rappel que dans le privé, c’est-à-dire la contrainte financière .Par exemple, la SNCF demande à l’Etat de l’aider à résorber la dette colossale reconstituée récemment sur elle-même et RFF ou de financer les travaux de sécurité du réseau. Comme cela se passerait dans n’importe quelle entité privée, quelqu’un aura-t-il l’intelligence et le courage d’exiger qu’elle fasse préalablement le ménage dans ses actifs non stratégiques ?

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04-05-2015

Le ratage de l’investissement

Petit jeu élyséen. Leçon numéro?1?: parler le “Taubira”. Dire “signal d’investissement” (mot de gauche) et pas “augmentation de la rentabilité du capital” (mot de la droite). Mission remplie à 100?% le 4?avril aux Forges de Trie-Château. Leçon numéro?2?: parler le “Aubry”. Dire “encourager l’acte d’investir” et pas “les profits font l’investissement de demain”. Aucune difficulté?: le mot “profit” est banni du langage gouvernemental. Leçon numéro?3?: surtout ne pas parler le “Gattaz”. Le président du Medef est certes reçu à l’Élysée, mais pas question de le raccompagner sur le perron en dénonçant dans son sillage “les contraintes pesant sur nos entreprises”.

Est-ce que tout cet entrelacs d’interdits, enfermé dans une correspondance étroite entre “politiquement” correct et “vocabulairement” correct, peut faire une bonne politique en faveur de l’investissement?? A priori non, tout ce réseau “contourné” entrave le déclic pour le choc de confiance en ne levant pas les freins psychologiques des entrepreneurs. Le story telling de gauche nuit gravement à l’efficacité de la stratégie gouvernementale de redressement économique, qualifiée de “libérale” par les opposants de l’intérieur. “Maintien du cap”, explique d’ailleurs frileusement l’exécutif, comme pour s’excuser de persévérer.

“Est-ce que tout cet entrelacs d’interdits, enfermé dans une correspondance étroite entre “politiquement” correct et “vocabulairement” correct, peut faire une bonne politique en faveur de l’investissement??”

À la veille du congrès de juin du parti socialiste, il semble plus important pour le sommet de l’État de ne point heurter des frondeurs hostiles à tout “cadeau” aux entreprises, que de délivrer un message clair, et massif, sur l’aide à l’investissement. Il y a pourtant urgence?: après six années de crise, l’outil de production est vieilli et usé. Il y a d’autant plus urgence que sans coup de fouet sur l’équipement productif, la reprise ne débouchera pas sur une croissance durable. Hors embellie, le potentiel plafonne à moins de 1?% (estimation Natixis).

Actuellement, l’investissement des entreprises françaises est quasiment de 10?% inférieur à son niveau d’avant-crise de 2007. Le recul de la profitabilité et des perspectives de demande faible expliquent cette panne persistante de sept ans. Malgré un solide tonus attendu cette année pour la croissance, l’Insee ne prévoit qu’une “stabilité” sur le front de l’investissement. C’est un paradoxe et un danger. L’OCDE partage cette analyse d’une reprise sans investissement. Il reste “atone”, observe l’OCDE.

Attention toutefois, le berceau se remplit de beaucoup de conditions favorables. De fait, le taux de marge des sociétés non financières est en train de se redresser très nettement, et devrait atteindre 31,3?% au deuxième trimestre. “C’est encore un peu en dessous de la moyenne d’avant-crise, à 32,7?% sur la période 1988-2007”, souligne l’Insee dans sa Note de conjoncture. Ce n’est pas si mal?! Selon l’Insee, c’est dû à la conjonction de trois facteurs?: la montée en charge du CICE, la mise en œuvre du Pacte de responsabilité et de solidarité, et la poursuite de l’amélioration des termes de l’échange. Les deux premiers sont les témoins de la politique de l’offre engagée depuis le 14?janvier 2014 par François Hollande. Qui prétend que ça ne marche pas?? Le troisième élément découle directement de la baisse de 50?% du prix du baril de pétrole et de la dépréciation de l’euro face au dollar.

“D’aucuns mettent en doute la manœuvre en se demandant ce que font les banques de l’argent donné à 0?% d’intérêt”

Ce n’est pas tout. Jamais les conditions de financement n’ont été aussi détendues. Merci à la BCE (Banque centrale européenne) qui inonde de liquidité les banques pour qu’elles se tournent massivement vers le crédit aux entreprises. D’aucuns mettent en doute la manœuvre en se demandant ce que font les banques de l’argent donné à 0?% d’intérêt… Les faits trancheront. En attendant, les taux d’intérêt réels sont calés sur le mode diminution.

Pourquoi alors cette timidité face à la décision d’investir?? L’Insee considère que le faible taux d’utilisation des capacités de production – à 80,4?% contre une moyenne de longue période de 84,6?% – limite la capacité de rebond de l’investissement. Il est possible de répondre à un gonflement des achats avec le matériel existant. Les praticiens ajouteront toute une série de raisons plus subjectives mais bien réelles. De l’intensité fiscale à l’instabilité juridique et normative, en passant par l’état d’esprit pas vraiment jugé “business friendly”.

Dans un tel nœud de contraintes, le plan gouvernemental aura du mal à inverser la courbe de l’investissement. François Hollande aura en tout cas minutieusement préparé le terrain pour le séminaire gouvernemental du 8?avril consacré à la relance de l’équipement productif. Le déminage est tous azimuts. Un accord in extremis sur l’augmentation des péages autoroutiers va déclencher 3,5?milliards d’euros de travaux publics – malgré la résistance de Ségolène Royal… La BPI (Banque publique d’investissement) verra son enveloppe de prêts passer à 8?milliards d’euros. Mais les utilisateurs des crédits BPI ont toujours à fournir de solides garanties, au besoin sur leurs biens propres. Un fonds d’un demi-milliard d’euros sera apporteur de fonds propres.

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19-03-2015

Indispensable croissance

Vendredi dernier, j’ai eu l’opportunité d’assister à un séminaire à Marseille portant sur la croissance. La conférence la plus intéressante expliquait pourquoi cette croissance est un besoin fondamental pour notre société. Depuis le dix-neuvième siècle, le niveau de vie s’est accru de façon considérable – en particulier dans le monde occidental. Quelques-uns remettent donc aujourd’hui en cause l’idée que nous ayons encore besoin de relancer la croissance. C’est qu’ils mélangent en réalité la « croissance économique » et le consumérisme, qu’ils l’associent au problème des inégalités, de la pollution environnementale, etc. Il y a là une erreur de lecture de l’histoire. C’est la croissance qui nous permet de travailler bien moins longtemps que par le passé. C’est aussi la croissance qui a permis que la mortalité infantile n’ait encore jamais à ce point baissé, qu’une sécurité sociale a été développée, que la redistribution est rendue possible grâce à l’imposition. La croissance pour la croissance ne constitue pas une finalité : elle rend plutôt d’autres choses possibles. Elle n’est donc finalement qu’un levier permettant à des gens, des entreprises ou des peuples d’agir sur leur situation. Leur manière de gérer cette croissance et de construire leurs priorités dépend en définitive de leurs choix particuliers. Aux États-Unis, une amélioration de la richesse sera sans doute affectée à la défense et à faire pression sur des zones géopolitiques stratégiques. Le gouvernement suédois décidera plutôt de dépenser cette même richesse dans l’amélioration de la couverture sociale, ou de soutenir la protection de la nature. La croissance n’est donc pas un but en soi : c’est ce qu’elle offre à la société qui importe vraiment. Nous pouvons détester certains de ces choix. Chacun a en général une opinion bien tranchée quant à la façon d’utiliser cette prospérité. Mais il reste en fin de compte que, dans tous les cas, pour pouvoir réaliser ces choix, la croissance est indispensable. Qu’il soit question d’éducation, de soins de santé, de l’âge légal de départ en retraite, de défense, de protection environnementale ou de réduction du travail… Sans croissance, notre société n’a pas les moyens de se développer. Ce séminaire à Marseille fut vraiment intéressant à suivre. Dans le climat de morosité actuelle, un séminaire positif est une véritable bénédiction. Pour ceux que cela intéresse, je vous laisse les coordonnées de l’organisateur, ils sont très bien : http://www.agence-seminaire.fr/seminaires-france/agence-seminaire-paca/agence-seminaire-a-marseille/

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19-03-2015

La France fait du surplace

La croissance française pour la troisième année consécutive a atteint, en 2014, 0,4%. ce résulta a été obtenu grâce à un petit 0,1 % de croissance au quatrième trimestre. L’année 2014 s’est caractérisée par un net recul de l’investissement, -1,6 % contre – 0,8 % en 2013. Le recul est marqué pour l’investissement des ménages avec -5,8 % et pour les administrations publiques -2,1 %. La consommation des ménages a été un peu plus forte qu’en 2013 avec une progression de 0,6 % contre 0,3 %. Le commerce extérieur a joué contre la croissance avce des importations qui ont progressé plus vite que les exportations, respectivement 3,8 et 2,7 %. Le pouvoir d’achat des ménages s’est amélioré grâce à la baisse des prix ce qui n’a pas pour autant entraînée une progression de la demande en fin d’année. En effet, les dépenses de consommation des ménages n’ont augmenté que de 0,2 % au 4ème trimestre après +0,3 % au troisième trimestre 2014. Sur l’ensemble de l’année, du fait de la baisse des prix de l’énergie et des températures clémentes, les dépenses d’énergie ont reculé de 5,7 %. Au niveau de la production, il faut souligner le net recul de la construction, -2,9 % après une baisse de 1,2 % en 2013. Les services non marchands ont bien résisté avec une hausse de 1,6 %. Les services marchands ont augmenté de 1,2 % quand la production de biens manufacturés est resté étale. A la fin de l’année, la baisse de l’euro a commencé à produire ses effets avec une accélération des exportations, +2,3 % au quatrème trimestre contre 0,7 % au troisième. Les exportations de matériels de transports ont augmenté de 10 %. Le commerce extérieur a ainsi contribué à la croissance à hauteur de 0,1 point au dernier trimestre pour la première fois de l’année. La poursuite de la baisse de l’euro, la diminution du prix du ptérole, le pacte de responsabilité, le CICE devraient produire pleinement leurs effets dans les prochains mois permettent une reprise de l’activité qui devrait être plus rapide que prévue.

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19-03-2015

Sommes-nous vraiment Charlie ?

Il est facile de disserter à l’infini dans les salons, sur les plateaux télé ou dans les bibliothèques de la liberté, il est plus dur et courageux de sa battre pour elle. Et je suis de ceux qui luttent au quotidien pour conserver la mienne au pays des droits de l’homme en 2015. Car, avant de jouir de sa liberté d’expression et de sa liberté de pensée, encore faut-il disposer déjà de sa liberté tout court. Et croyez-moi, ce n’est même pas évident de nos jours en France. J’ai visité des pays ravagés par la guerre ou la tyrannie où se battre pour la liberté était un luxe, pourtant j’y étais reçu en toute amitié et sécurité pour y faire des conférences, mais je n’ai plus les mêmes garanties dans mon propre pays. Tout le monde a été choqué par les attentats contre Charlie Hebdo et je m’associe à ce mouvement. Le mouvement d’union nationale a fait du bien au pays qui se retrouvait derrière nos valeurs fondamentales. J’ai perdu dans ce drame un collègue économiste, avec lequel je ne partageai pas les idées, mais qui était ouvert au débat. Il a payé de sa vie et cela m’attriste car je l’estimais. Mais quand j’ai voulu présenter le concours de l’agrégation en 2014, le même Charlie Hebdo a fait une caricature pour discréditer le jury, parce que ce jury avait le tort d’être composé d’économistes libéraux. Ceux qui revendiquent la liberté d’expression ne supporteraient-ils pas que l’on ne pense pas comme eux ? Il est dangereux de semer les graines du terrorisme intellectuel. Pour ma part, j’ai toujours été attaché à ma liberté de pensée car je suis avant tout un chercheur non inféodé. Ma seule idée fixe : la recherche de la vérité même si c’est un objectif inaccessible mais c’est la seule condition de la progression de la connaissance. Sinon, on sombre dans l’idéologie. Aucun parti, aucune institution ne peuvent me dicter ce que je dois découvrir à l’issue de mes recherches. Souvent, hélas, les économistes cherchent à flatter les princes dans l’attente de récompense car ils augmentent ainsi les chances d’avancer dans leur carrière. Il est vrai que je n’ai pas emprunté ce chemin et que j’en ai fait les frais durement. Mais c’est par amour de mon métier et respect de ma vocation. On ne se refait pas. Mais je n’aurais pas imaginé à quel point on peut se mettre en danger au milieu de personnes qui ont agit différemment. De ce point de vue, je ne suis pas dans la norme en effet, même si je suis tout-à-fait normal : un homme simple avec les mêmes questions que tout un chacun et à la recherche de son bonheur et son épanouissement personnel. Mais ma vocation d’économiste est un ingrédient de mon épanouissement personnel et on a cherché à l’anéantir.

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23-02-2015

Il est temps de booster les ventes!

Ca m’ennuie souvent, dès que certains chefs d’équipe m’expliquent comment ils font leur challenge commercial. Pour ceux-ci, cette opération se borne à augmenter les ventes. Evidemment, lorsqu’il est bien instauré, il produit vraiment une croissance significative des résultats. Seulement ce n’est quand on y pense que l’un des gains qu’il délivre. D’autres sont, d’après mon expérience, plus importants. Une telle campagne aide pour commencer à booster la motivation de ses employés. Le bonus à remporter n’est pas une finalité en soi, seulement un moyen d’y arriver. Les vendeurs ont presque toujours un fort besoin d’être reconnus, et le challenge est une manière de mettre en exergue la qualité de leur travail. Le challenge commercial encourage dans le même temps la rivalité. Les vendeurs aiment s’opposer les uns les autres pour évaluer leurs résultats. L’opération leur décerne un environnement dans lequel ils peuvent assouvir ce penchant. Et les meilleurs éléments disposent les autres élements à faire leur maximum. C’est donc une bonne technique pour tirer ses vendeurs toujours plus haut. Mais l’intérêt le plus sensible de l’opération se trouve être dans la dynamique qu’il inspire. Le challenge est un instrument pour pousser les personnes à repousser leurs limites. Et cette détermination ne s’enraye pas nécessairement avec la conclusion de la campagne. En fait, elle peut se poursuivre bien après. Trois facteurs conduisent généralement à la démobilisation des forces de vente : le manque de reconnaissance, la rémunération considérée comme insuffisante, et le mal-être au travail. Et bien, le challenge économique permet d’opérer de façon efficace sur cette triple cause. Seulement, s’il veut pouvoir obtenir un résultat, un challenge se doit de respecter quelques règles simples. Et je suis souvent médusé de voir qu’elles ne sont pas systématiquement respectées. En premier lieu, il faut fournir des dotations qui motivent les équipes à briller. Cinquante pour cent du budget du challenge doit dans l’idéal y être voué. En second lieu, il faut proposer des prix à plus de 40 % de la population impliquée. Sinon, l’insatisfaction dépasse la plus-value. Et enfin, l’objectif doit être envisageable. C’est en prenant en compte ces principes très simples que le challenge commercial aura la possibilité d’atteindre son but. Mais si l’opération n’est pas façonnée avec une réflexion en amont, cela peut tout autant produire l’effet inverse de celui qu’on cherchait à obtenir. Pour en savoir plus, allez sur le site spécialisé : http://www.challengecommercial.com

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23-02-2015

HSBC et la révolution sociale

Aujourd’hui, je vous propose des petites histoires socialistes, c’est-à-dire dont les protagonistes sont socialistes. Par définition, cela signifie évidemment qu’ils sont ouverts aux autres, généreux, le cœur sur la main et font toujours passer la personne et la relation avant les sordides histoires d’argent. Parce que le socialisme, c’est l’humain avant tout, bien sûr. Et l’Humain, Jack Lang, il connaît. Président de l’Institut du monde arabe à Paris, il s’occupe de très près de son institution, et sait s’impliquer dans les moindres aspects de sa gestion. Aimant la relation humaine, on comprend son besoin fondamental de tout savoir, tout comprendre et surtout tout négocier, y compris les contrats de restauration qui lient l’Institut avec un traiteur chargé de lui fournir les repas de son restaurant, un certain groupe Noura. Comme tout socialiste qui se respecte, Jack ne peut pas s’imaginer payant ses repas sur place. C’est probablement cet humanisme qui l’a donc poussé à réclamer de larges ristournes au groupe Noura pour de nombreux repas pris au Zyriab, le restaurant gastronomique de l’Institut. C’est peut-être cette difficulté à manipuler de l’argent, parfaitement logique chez nos socialistes humanistes, qui a poussé le président à faire passer un nouvel appel d’offre dans lequel il est demandé que « Le président de l’IMA [bénéficie] gracieusement et dans la limite de 1000 couverts par an d’une table ouverte au Zyriab à longueur d’année » ou que « le délégataire [assure] également gracieusement un service café, thé, soft dans le bureau du président lorsque celui-ci reçoit des personnalités. » Que voulez-vous, pour avoir de l’argent, il convient d’en dépenser le moins possible. Et très manifestement, le socialisme, s’il entend libérer l’Homme des contraintes du réel en lui proposant une égalité taillée au cordeau (ou à la serpe, au besoin), ne peut pas s’embarrasser de contingences grasses que la gestion financière, la fiscalité ou les comptes dans des paradis fiscaux entraînent inévitablement. C’est aussi pour cela qu’on peut très bien être radical socialiste et empêtré dans un scandale fiscal. Ce n’est pas contradictoire : lorsqu’on est socialiste, on ne veut pas traiter les histoires de gros sous, et on dérape parfois. C’est peut-être à la suite d’un tel dérapage qu’en Espagne, Juan Carlos Monedero, le numéro trois du parti Podemos (dont l’audience électorale croît d’autant plus qu’il critique vertement la corruption des dirigeants espagnols), a semble-t-il oublié de déclarer une rétribution de 425.000 euros qui aurait dû rentrer dans son calcul d’impôt sur le revenu. D’autant que l’origine de l’argent serait quelque peu sulfureuse, l’universitaire affirmant avoir été payé pour un rapport sur la mise en place d’une monnaie commune au Venezuela, en Bolivie, au Nicaragua et en Équateur, ce qui donne du grain à moudre à ses principaux concurrents politiques… eux-mêmes englués dans des scandales fiscaux ou financiers tout à fait comparables.

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23-02-2015

Vers le transhumanisme

Parachever l’homme, le rendre meilleur : la question est récurrente dans les textes sacrés des religions monothéistes. La fabrication du Golem en est un exemple parlant. Pendant la Renaissance, l’homme de sciences, des arts et des lettres est également plasticien, à l’instar de Pic de la Mirandole. Il s’étudie comme un objet, il se pense, s’analyse, devenant le « créateur de lui-même ». C’est dans les années 50, avec le mouvement de l’Université de Californie que naitra la notion de transhumanisme dont on attribue la paternité à Julian Huxley. Le message de ce mouvement pro-libéral claque au vent, comme l’étendard d’une émancipation nouvelle : personne ne peut fixer les limites de notre propre nature. Une pensée animée par l’idée que non seulement la science n’asservira pas l’homme, mais qu’elle contribuera activement à sa libération. Améliorer l’homme, qui peut être contre et qui devrait s’en inquiéter ? La notion d’amélioration, d’optimisation n’est pas une nouveauté dans l’histoire des idées. Elle est à la base de la pensée de Condorcet. Et entre le tanshumanisme et le courant anglo-saxon de l’« enhancement » ou l’augmentation, la rupture de paradigme culturel est majeure, car il n’est plus question de créer un homme meilleur mais un homme plus performant, plus efficace. Cette idée même de perfection génère des angoisses pour plusieurs raisons. Elle brise l’équilibre ancien d’un déterminisme naturel, avec la possibilité inédite de réparer un homme que la société aurait considéré comme « anormal », hors des normes. Réparer, améliorer, optimiser, le transhumanisme bouleverse tout. Et de fait, l’augmentation d’une caste génère, une population de laissés-pour-compte. Dans la quête de performance absolue émerge une tranche discriminée, les non-améliorés qui seront logiquement considérés comme « plus à la hauteur », « hors du jeu ». Mais ce n’est pas tout : la technique se régénère, elle se réinvente. A l’image des mises à jours « Windows 1, 2, 3 », ne risque-t-on pas de créer des individus à plusieurs vitesses ? Une humanité version 1, 2, etc ? Dès lors, la technique est-elle un vecteur d’inégalité ou d’émancipation ? Question d’autant plus complexe que la distinction entre l’homme augmenté et l’homme réparé n’est pas aussi évidente qu’il n’y parait. Dans un futur pas si lointain, lorsqu’il sera question de réparer un homme, on le fera à l’aide d’une technique reprogrammable, intelligente et évolutive. L’homme réparé aura donc la capacité de se récréer et d’accroître un écart discriminant avec le reste de la population. Et si les techniques seront dans un premier temps utilisées pour un homme malade, nul doute que les usages de « conforts » ne tarderont pas à s’imposer, portés par tous ceux qui revendiquent un accès équitable aux nouvelles sciences de la santé.

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