19-11-2019

L’innovation et le yin et le yang

Lors d’un séminaire à Oslo auquel j’ai assisté la semaine dernière, une réunion a démontré combien les nouvelles technologies sont particulièrement controversées. C’est qu’elles engendrent de façon presque systématique des séismes dans le domaine de l’économie. le développement du bateau à vapeur a rendu obsolète le voilier comme transport de masse. Le réfrigérateur a rendu superflu le métier de laitier…
Un participant a fait une démonstration pour montrer les deux facettes du progrès. Il a utilisé un objet du quotidien, qui est certainement non loin de vous alors que vous me lisez : le smartphone. Un tout-en-un qui conjugue un téléphone, une bibliothèque, un appareil photo et un vrai ordinateur. Cet appareil prend moins de place, fournit égalementune meilleure qualité, ne nécessite moins de travail d’assemblage et exige beaucoup moins de matières premières et d’énergie.. Son apparition a représenté un revers pour bon nombre d’entreprises importantes : producteurs de CD, fabricants d’appareils photos numériques ou de calculettes de poche… Pour la productivité et l’emploi dans ces industries respectives, le smartphone est apparu comme un drame radical. Pourtant, en détrônant tous ces appareils, il nous a permis de gagner en confort de vie. C’est « le paradoxe de l’innovation ». Les innovations procurent une évolution ainsi qu’un renforcement du niveau de vie mais confrontent pour commencer les industries en place à des obstacles, leur font endurer des pertes ou les réduisent même à disparaître. Le renforcement du capital n’est observable qu’à long terme ; mais sur le moment néanmoins, ce sont essentiellement les conséquences défavorables qui s’exposent : des ouvriers actifs au sein de certaines industries devancées finissent par perdre leur emploi suite à l’essor de nouvelles technologies. Des entreprises d’ameublement qui disparaissent avec la croissance d’IKEA; les petits magasins sportifs jettent l’éponge avec le succès de Décathlon. Ceux qui sont devancés par la révolution technique réprimandent naturellement un œil réprobateur sur ces innovations. Voilà pourquoi le progrès, malgré son incontestable utilité, est au départ très souvent identifié comme un recul.

Au final, lles innovations permettent la croissance de la richesse et le développement de la société. Mais cela ne se fait en effet rarement sans heurts. L’augmentation structurelle de la richesse s’accompagne inévitablement de malheurs pour des groupes de personnes qui se retrouvent évincés de leur emploi.
La morale de ce séminaire à Lisbonne : La création a partie liée avec la destruction. Subventionner les secteurs non rentables est en conséquence stérile , car certaines sont promises à la déchéance. Les fonds injectés dans ces géants dépassés ne font que différer leur glas, quand il aurait pu servir à prendre de l’avance sur les secteurs porteurs. Mal adjugées, les subventions gouvernementales paralysent ce mécanisme naturel.

Publié par renardvoyageur dans Non classé | RSS 2.0

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