14-09-2018

Défendre les droits de l’homme en Arabie saoudite

Deux ans après l’adoption de la loi sur les associations, aucune nouvelle organisation indépendante de défense des droits humains n’avait été créée en application de ses dispositions en 2017. Les organisations indépendantes de défense des droits humains qui avaient été contraintes à la fermeture, dont l’Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA), l’Union pour les droits humains, le Centre Adala pour les droits humains et l’Observatoire des droits humains en Arabie saoudite, n’avaient pas repris leurs activités. La quasi-totalité de leurs membres avaient été condamnés, avaient quitté le pays ou étaient en cours de procès devant le Tribunal pénal spécial. En octobre, les autorités ont adopté une nouvelle Loi de lutte contre le terrorisme, en remplacement de celle de février 2014. Le nouveau texte prévoyait des peines spécifiques pour les infractions liées au « terrorisme », dont la peine capitale. Il définissait toujours les actes terroristes en des termes vagues et excessivement larges, ce qui permettait son utilisation comme outil de répression supplémentaire de la liberté d’expression et des défenseurs des droits humains. Les autorités ont continué d’arrêter, de poursuivre et de condamner des défenseurs des droits humains sur la base de charges formulées en des termes vagues et invoquant de manière abusive la Loi antiterroriste de février 2014. Les 11 membres fondateurs de l’ACPRA, organisation fermée par les autorités en 2013, ont ainsi été condamnés à des peines d’emprisonnement. Sa peine ayant été confirmée en appel, Abdulaziz al Shubaily, membre fondateur de l’ACPRA, a commencé à purger les huit ans d’emprisonnement auxquels il avait été condamné, assortis d’une interdiction de sortir du pays pendant huit ans après sa libération et d’une interdiction de s’exprimer sur les réseaux sociaux. Abdulaziz al Shubaily avait été déclaré coupable, entre autres infractions, d’« outrage à l’intégrité du système judiciaire et des juges » et de « violation de l’article 6 de la Loi relative à la lutte contre la cybercriminalité » en ayant « incité l’opinion publique à se retourner contre les dirigeants du pays et signé des déclarations en ligne appelant la population à manifester ». Au début du mois de janvier, le militant des droits humains Essam Koshak, ingénieur en informatique, a été convoqué aux fins d’interrogatoire et questionné avec insistance à propos de son compte Twitter. Son procès s’est ouvert devant le Tribunal pénal spécial le 21 août. Essam Koshak devait répondre de plusieurs chefs liés à ses activités militantes en ligne. Le procès du défenseur des droits humains Issa al Nukheifi s’est ouvert devant le Tribunal pénal spécial le 21 août. Il était inculpé de plusieurs infractions liées à ses publications sur Twitter. Il avait été arrêté le 18 décembre 2016 et se trouvait toujours en détention à la prison générale de La Mecque à la fin de l’année.

Publié par renardvoyageur dans Non classé | RSS 2.0

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