Archives pour septembre 2018

19-09-2018

Un dauphin n’est pas un jouet

Avez-vous déjà vu des sirènes ? Moi, oui. Pas plus tard que mercredi dernier, en fait. Car ce jour-là, j’ai nagé en compagnie des dauphins. Cela s’est passé à Cannes, et si j’étais tombé sur un chien parlant lisant du Heidegger dans mes toilettes, je crois que ça ne m’aurait pas plus surpris que ça. Nager avec des dauphins est à mes yeux ce qui se rapproche le plus d’une rencontre extraterrestre. On note d’entrée de jeu leur intelligence, dès lors qu’ils s’approchent de nous et qu’on peut voir leurs petits yeux noirs nous scruter d’un air amusé. Il faut dire que l’eau n’étant pas notre élément, nous devons avoir l’air un peu patauds, à leurs yeux : nous devons leur faire le même effet que les manchots empereurs quand ils marchent sur la glace !
Ce que je n’avais pas prévu, c’est que nager en leur compagnie peut s’avérer assez inquiétant, par moments. Car ils pèsent leur poids, et quand ils passent près de vous, vous vous sentez soudain tout petit ! Et quand vous savez qu’ils peuvent fort bien tuer un requin, vous n’êtes pas tout à fait rassuré !
Sur place, j’ai été étonné d’entendre des personnes qui étaient scandalisées parce qu’elles n’avaient pas vu les dauphins d’aussi près que prévu. Ils ne se sont pas rendus compte de l’absurdité de leurs propos. Pourtant, si l’on remplace le dauphin par une créature terrestre, on s’en rend tout de suite compte : il ne leur viendrait pas à l’idée d’exiger des lions de se laisser approcher bien sagement ! Il en va de même pour les créatures marines, aussi sympathiques soient-elles à première vue avec leur « sourire ».
Non, je n’ai pas pu caresser les dauphins pendant cette activité, ni non plus me cramponner à eux comme Jacques dans le film de Besson. Seulement, j’ai pu contempler ces remarquables créatures dans leur élément. Et pour ma part, ça me suffit : c’est véritablement un cadeau que je n’oublierai pas. Nous sommes à ce point pétris par la société de consommation que certains ont la conviction que tout leur est dû. Mais dans ce cas, qu’ils restent loin des créatures sauvages : car celles-ci ne poseront pas pour eux !
Quoi qu’il en soit, si vous appréciez les dauphins, je vous recommande vraiment de vous jeter à l’eau : il faut le faire au moins une fois dans sa vie ! Plus d’infos par ici. Retrouvez toutes les infos sur ce de nage avec les dauphins à Cannes en suivant le lien.

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14-09-2018

Défendre les droits de l’homme en Arabie saoudite

Deux ans après l’adoption de la loi sur les associations, aucune nouvelle organisation indépendante de défense des droits humains n’avait été créée en application de ses dispositions en 2017. Les organisations indépendantes de défense des droits humains qui avaient été contraintes à la fermeture, dont l’Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA), l’Union pour les droits humains, le Centre Adala pour les droits humains et l’Observatoire des droits humains en Arabie saoudite, n’avaient pas repris leurs activités. La quasi-totalité de leurs membres avaient été condamnés, avaient quitté le pays ou étaient en cours de procès devant le Tribunal pénal spécial. En octobre, les autorités ont adopté une nouvelle Loi de lutte contre le terrorisme, en remplacement de celle de février 2014. Le nouveau texte prévoyait des peines spécifiques pour les infractions liées au « terrorisme », dont la peine capitale. Il définissait toujours les actes terroristes en des termes vagues et excessivement larges, ce qui permettait son utilisation comme outil de répression supplémentaire de la liberté d’expression et des défenseurs des droits humains. Les autorités ont continué d’arrêter, de poursuivre et de condamner des défenseurs des droits humains sur la base de charges formulées en des termes vagues et invoquant de manière abusive la Loi antiterroriste de février 2014. Les 11 membres fondateurs de l’ACPRA, organisation fermée par les autorités en 2013, ont ainsi été condamnés à des peines d’emprisonnement. Sa peine ayant été confirmée en appel, Abdulaziz al Shubaily, membre fondateur de l’ACPRA, a commencé à purger les huit ans d’emprisonnement auxquels il avait été condamné, assortis d’une interdiction de sortir du pays pendant huit ans après sa libération et d’une interdiction de s’exprimer sur les réseaux sociaux. Abdulaziz al Shubaily avait été déclaré coupable, entre autres infractions, d’« outrage à l’intégrité du système judiciaire et des juges » et de « violation de l’article 6 de la Loi relative à la lutte contre la cybercriminalité » en ayant « incité l’opinion publique à se retourner contre les dirigeants du pays et signé des déclarations en ligne appelant la population à manifester ». Au début du mois de janvier, le militant des droits humains Essam Koshak, ingénieur en informatique, a été convoqué aux fins d’interrogatoire et questionné avec insistance à propos de son compte Twitter. Son procès s’est ouvert devant le Tribunal pénal spécial le 21 août. Essam Koshak devait répondre de plusieurs chefs liés à ses activités militantes en ligne. Le procès du défenseur des droits humains Issa al Nukheifi s’est ouvert devant le Tribunal pénal spécial le 21 août. Il était inculpé de plusieurs infractions liées à ses publications sur Twitter. Il avait été arrêté le 18 décembre 2016 et se trouvait toujours en détention à la prison générale de La Mecque à la fin de l’année.

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