19-12-2017

Nigeria

L’euphorie et l’optimisme qui ont suivi les élections relativement pacifiques de 2015 à l’origine de l’administration du Président Muhammadu Buhari ont progressivement cédé la place à de l’inquiétude en 2016. Nombre des graves problèmes des droits humains auxquels il avait promis de s’attaquer lors de son discours d’investiture restent en grande partie non traités et non résolus. Les changements apportés à la direction de l’armée et l’amélioration de la coordination régionale ont permis un refoulement constant du groupe insurgé Boko Haram, l’obligeant ainsi à céder la majeure partie du territoire qu’il contrôlait au nord-est. Le groupe continue toutefois de commettre des crimes contre les civils, notamment des enlèvements et des recrutements forcés. La baisse de l’intensité des attaques de Boko Haram a été éclipsée par l’insuffisance de la réponse à la crise humanitaire. La plupart des 2,5 millions de personnes déplacées internes (IDP) sont privés des droits fondamentaux, tels que les droits à la nourriture, à un abri, à l’éducation, aux soins de santé, à la protection contre les abus ainsi que le droit à la liberté de mouvement. Les femmes et les jeunes filles déplacées sont en proie à des viols et à des actes d’exploitation sexuelle commis par d’autres personnes déplacées, par des membres de groupes d’autodéfense, par des policiers et par des soldats. En décembre 2015, l’armée a tué 347 membres du Mouvement islamique du Nigeria (MIN) après un barrage routier opéré par le groupe chiite à Zaria. Des centaines de membres du MIN, dont leur dirigeant Ibrahim El Zakzaky et sa femme, sont toujours en détention, sans chef d’accusation. L’interdiction du MIN imposée par le gouvernorat de Kaduna en octobre 2016 a déclenché une vague d’interdictions contre les chiites dans quatre États du nord. Depuis, les activités religieuses chiites ont fait l’objet d’assauts et de violence policière, causant la mort de vingtaines de membres du MIN dans les États de Kaduna, Kano, Katsina, Plateau, Sokoto et Yobe. Dans le reste du pays, les violences communautaires meurtrières entre fermiers et bergers, autrefois limitées aux États du Centre-Nord, se sont propagées dans le sud en 2016. L’absence de justice pour les victimes a contribué à attiser les représailles, créant ainsi des cycles de violence. Dans le sud, la réponse du gouvernement à l’agitation liée à la demande d’indépendance de l’État de Biafra et au militantisme dans le delta du Niger a causé des vingtaines de morts et la destruction de communautés entières.

Publié par renardvoyageur dans Non classé | RSS 2.0

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