Archives pour novembre 2017

24-11-2017

A Beaune, pour le vin

Mardi dernier, j’ai assisté à mon premier cours d’oenologie à Beaune. Certains collègues n’ont pas compris l’intérêt d’assister à un tel atelier. Je crois que ceux-là n’ont jamais essayé de faire une dégustation oenologique chez eux. Si je voulais suivre un cours de ce genre, c’est parce qu’il permet en effet à mon sens de réaliser une expérience très difficile à réaliser chez soi. Si vous avez déjà essayé, vous avez dû vous rendre compte que goûter six vins différents et se retrouver avec d’excellents crus ouverts tous en même temps et aux trois-quarts pleins peut être assez gênant ! Bref, je ne savais pas trop comment cela allait se passer, mais l’expérience s’est bien passée, en fin de compte. J’ai ainsi pu déguster à l’aveugle (pour ne pas se laisser influencer par le nom) six vins émanant de différentes régions de France. Quand je dis à l’aveugle, ça ne veut évidemment pas dire dans le noir ; c’est simplement qu’une chaussette a été mise sur la bouteille afin qu’on ne puisse l’identifier selon son étiquette. Ces six vins n’étaient pas des vins de table, non : il s’agissait là de vins d’exception, distingués par les plus grands experts. Tous les âges étaient présents (même si les 40-50 ans étaient majoritaires). Force est de constater que ces cours d’oenologie s’adressent à différents publics, aux nouveaux comme aux experts. Cela dit, et même si j’ai apprécié l’expérience, qui permet d’aborder les vins d’une manière beaucoup plus pointue, il ne faut pas s’attendre à se transformer en un oenologue après 2 heures d’atelier. Mais c’est néanmoins très intéressant à vivre, et l’on se familiarise rapidement aux gestes pros (faire le petit bruit de bouche lors de la dégustation, prendre le temps d’observer longuement avant de goûter, etc). Le seul bémol de cette activité, au final, c’est le côté surrenchère de certains participants, qui m’a un peu fatigué. Certains voulaient à tout prix briller en détectant des odeurs extrêmement pointues. Par exemple, là où vous percevriez un goût de poivre gris, certains sentent carrément l’odeur des lardons. Malgré tout, si vous n’avez jamais tenté l’expérience, je vous la recommande chaudement. Cela donne une autre vue sur le vin. Pour en savoir davantage, je vous recommande la lecture du site sur cette expérience de cours d’oenologie à Beaune qui est très bien fait sur ce thème.

vin (6)

Posté par renardvoyageur dans Non classé | Commentaires fermés

22-11-2017

Une cyberviolence genrée

Comme les études sur le climat scolaire desquelles elles sont tirées, les enquêtes sur les cyberviolences ont offert une lecture sexuée des phénomènes de violence à l’école, mais ont encore peu bénéficié d’analyses genrées approfondies (Faris et Felmlee, 2011). Quelques pistes tirées de différentes recherches laissent toutefois entendre qu’un cadre d’analyse genré pourrait être particulièrement porteur pour étudier le phénomène des cyberviolences. D’une part, Smith (2001) a établi que les garçons subissent davantage de harcèlement physique tandis que les filles subissent un harcèlement plus relationnel (rumeurs, échanges verbaux) et plus indirect (ostracisme, isolement). Or, Eslea et Smith (1998) ont montré que cette dernière forme est rarement reconnue comme appartenant au harcèlement et donc moins ciblée par les actions de lutte contre les violences. La classification des violences entre filles et garçons, largement reprise depuis, suggère que les mécanismes en jeu dans les violences entre pairs sont susceptibles de différer selon qu’ils ciblent un garçon ou une fille – et donc que les comportements « punis » par les pairs varieraient en fonction du sexe de la victime. On peut à ce titre raisonnablement estimer que la plupart des agressions entre pairs proviennent de la recherche d’obtention d’un statut social plus élevé ou d’un « capital social » ou encore établissent les balises de ce qu’il est acceptable d’être et de faire (Centre Hubertine Auclert, 2014; Payne et Smith, 2013). Également, plusieurs chercheur-e-s ont établi que les auteurs de cyberharcèlement n’ont pas toujours l’intention de nuire à autrui. Reprenant les résultats de l’enquête Beatbullying réalisée en Angleterre (2010), Blaya (2013) rapporte que 40% des élèves sondés par cette enquête ont dit avoir agi pour s’amuser. Le sondage IPSOS (2014) fait valoir une position opposée : 10% des adolescent-e-s se déclarent indifférents ou amusés par la publication d’une photo intime (de fille ou de garçon). Il semble intéressant de construire un parallèle, d’une part entre l’intentionnalité et la réception, et d’autre part entre l’absence d’intentionnalité et la perception d’exercer une violence de la part de l’agresseur ou de l’agresseuse. Sur ce point, les recherches sur les insultes sexistes et homophobes montrent que l’agression ou la discrimination est bien souvent niée par ceux ou celles qui les emploient au prétexte de leur banalisation (Bastien Charlebois, 2009, 2011 ; Léglise et Leroy, 2008). Les jeunes font d’eux-mêmes le lien entre moqueries, harcèlement et discriminations : « il suffit d’avoir un visage un peu différent, des cheveux d’une certaine couleur, des seins petits ou gros, pour se faire insulter » (Ceméa, 2015). L’insulte, qui fait advenir ce qu’elle nomme au regard des autres, joue un rôle important dans la construction de l’identité  : ce que certains chercheur-e-s ont appelé une subjectivité dominée (Eribon, 1999), c’est à dire que par exemple l’insulte homophobe contribue aussi à produire l’identité homosexuelle. Des recherches menées dans le champ des études sur le genre, qui ont proposé des analyses fines des mécanismes de l’injure et de ses effets (Clair, 2012 ; Moïse, 2002) comme des possibilités de déconstruction du système sexiste et hétérosexiste qu’elle offre (Dayer, 2005 ; Butler, 2004) notamment en milieu scolaire (Collet, 2013 ; Pasquier, 2014), peuvent notamment être mobilisées en raison de leurs potentialités heuristiques. En effet, une seule occurrence agressive peut marquer fortement les jeunes sensibilités. Une seule lecture sexuée de résultats de recherche sur les violences entre pairs contribue à évacuer des procédés plus subtils par lesquels le genre est susceptible d’opérer dans les rapports entre pairs, notamment la nature relationnelle et contextuelle du genre, ou encore la manière dont les relations entre filles, entre garçons, ou entre filles et garçons, peuvent influencer les rapports de pouvoir.

Posté par renardvoyageur dans Non classé | Commentaires fermés

Le dicton du jour |
h e r |
Life-is-maybe-unfair |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le renard vert
| Sharpay10
| Moidu38120